Cette somptueuse batisse surplombant le village du Pont détient une bonne part d'histoires et de mystères, à en lire les "Canons de Buno Varilla", une légende moderne de Claude Berney (Le Pont, le 10 mai 1990). Construite au début du siècle par Maurice Buno Varilla, magnat de la presse, propriétaire du journal "Le Matin" à Paris, cette villa, d'après les récits, possédait en cas d'explosion volontaire une plate-forme de tir avec des canons dirigés sur le fort des Rousses, distant de quelque 32 kilomètres.
Ce Français établi en Suisse, soutenant pendant l'occupation la politique de collaboration avec l'occupant, avait donc pointé ses canons sur son pays. Telle était la légende des canons… Bien sûr, cette villa était occupée par de nombreuses personnes, notamment des artistes peintres venant de Paris, auteurs sur les murs de la grande salle d'une immense fresque "Les Quatre Saisons". Il y avait là également une cohorte de domestiques et de dames… Il est aisé pour nous autres d'imaginer les réceptions et autres fastes qu'inspirait cette demeure. Mais revenons sur les traces de Buno Varilla et de son frère cadet Philippe, constructeur du Canal de Panama, Directeur Général de la Compagnie, qui trempa dans une "affaire" parmi les plus importantes que la France ait connues; en marge du creusement du fameux Canal, la justice dévoila des tripotages financiers considérables, suivis de suicides, condamnations, oublis, bref, beaucoup de tondus et bien évidemment des profiteurs… Philippe, pour servir ses intérêts, provoque un coup d'état qui crée l'Etat de Panama. Nul doute que son frère Maurice s'est enrichi avec Panama, comme en témoigne Max Gallo dans son livre "Le Grand Jaurès". Mais alors les canons ? Légende sans doute; et les millions ? ? ? Nous vous invitons donc à visiter cette villa; et surtout, installez-vous sur un de ses immenses balcons, admirez ce panorama et laissez-vous aller l'espace d'un moment; peut-être distinguerez-vous à l'horizon se profiler le village des Rousses.
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