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Quoi de plus agréable que de collaborer avec la Compagnie du Clédar. Imaginez qu'un jour on vous propose de faire le même travail que vous faites aujourd'hui mais dans un contexte complètement opposé à celui de tous les jours. Imaginez un directeur avec son bureau au milieu d'un pâturage, une secrétaire avec son ordinateur sur un bateau. Un atelier avec ses ouvriers au sommet d'une piste de ski. Et bien c'est à peu près ce qui m'arrive régulièrement depuis que j'ai rencontré cette équipe de combiers. Imaginez un travailleur de l'ombre comme on nous surnomme, qui va de théâtres en salles obscures, à qui un beau jour on demande de venir décorer et éclairer une scierie désaffectée. Avouez que ça surprend. C'est bien ce qui s'appelle sauter du coq à l'âne, non...
En effet, faire du théâtre dans un contexte aussi différent que celui-ci est toujours un plaisir. D'autant qu'il existe dans cette compagnie un réel enthousiasme, une dynamique et une solidarité merveilleuses. Tout le monde est là avant tout pour se faire plaisir, se faire du bien, et ça se voit. Dès qu'une personne s'investit dans la troupe, on sent la famille, les amis s'intéresser au projet, le suivre de près ou de loin. Il y a toujours la curiosité, qui attire les uns et les autres à venir voir ce qui se passe. Par moments on se croirait vraiment dans une troupe de cirque ambulant avec les femmes et les maris qui aident et les enfants qui jouent autour. Mais n'oublions surtout pas ce professionnalisme, cette rigueur à la hauteur des théâtres et compagnies professionnels romands. Un réel souci de qualité et de perfection dans la droite ligne de la tradition horlogère, si chère à la Vallée. Je dois aussi reconnaître au Clédar la volonté à chaque instant de se remettre en question, cette faculté de systématiquement redémarrer un nouveau projet sur des bases complètement différentes des précédentes. Pour surprendre, s'amuser, ne jamais tomber dans l'habitude, la routine. Toujours évoluer, apprendre, s'enrichir culturellement, vivre pleinement et jusqu'au bout l'aventure, puis passer à l'étape suivante. Mais le plus surprenant, c'est que s'il n'y a pas de risques, s'il n'y a pas de dangers ou de difficultés, ça ne les intéressera même pas. Et plus vous leur direz: "Vous êtes sonnés, ça ne marchera jamais", plus vous les encouragerez à le faire et à faire encore pire la prochaine fois. Essayez donc de leur faire jouer un classique, sans y ajouter un peu de sel et quelques-uns de leurs ingrédients "maison", et vous verrez ce qu'ils vous répondront. Je vous laisse donc imaginer le bien que ça fait lorsqu'on vous téléphone pour vous proposer de repartir sur la prochaine création. On ne peut pas refuser un pareil cadeau. L'autre bonheur est aussi de leur demander à ce moment: "Et alors, qu'est-ce que vous nous avez encore inventé pour ce coup-ci ?" et qu'ils commencent à vous raconter le prochain scénario... Alors croyez-moi, si un jour quelqu'un vous dit qu'au Clédar ils ont tous un petit grain, je vous garantis que vous pouvez le croire ! PS: Au fait, je suis un peu inquiet, j'ai l'impression de devenir comme eux. Je crois bien qu'ils sont contagieux.
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