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Accueil L'Illustre théâtre de Monsieur Molière (1997) Il était une fois une scierie
     
   
     
   
 
Il était une fois une scierie Imprimer
Écrit par Reynold Keusen   
Mercredi, 01 Janvier 1997 01:00

Après une scène flottante au bord du lac de Joux, un chalet dans la forêt du Risoud transformé en navire, un salon de thé chez Tchekov au Séchey, après un chapiteau de cirque transformé en scène d'opéra au Brassus, un manoir aménagé en maison close au Pont, la Compagnie du Clédar vous convie dans une ancienne scierie au Brassus.

Ce lieu magique, idéal pour le théâtre par ses dimensions et son décor naturel, a conquis les metteurs en scène et les acteurs. Chaque spectateur appréciera certainement l'originalité de ce site et sera sensible au mystère qui s'en dégage.

Faisons appel à notre imagination pour revivre, un instant, l'ambiance de cette scierie en activité. Lors de sa construction en 1909, cette entreprise fut la première de la région à fonctionner à l'électricité produite par une machine à vapeur, alimentée par de la sciure. Le moteur électrique faisait tourner un arbre de transmission et les courroies valsaient avec élégance d'une poulie à l'autre.

La machine à vapeur représentait le centre névralgique de la scierie. L'expression "va bourrer la Julie" exprimait le moment où un employé devait remettre de la sciure dans le foyer de la chaudière.

Le rythme saccadé des scies ponctuait chaque seconde de la vie des employés, du matin au soir. Les billes de bois entraient d'un côté et ressortaient de l'autre en poutres, en planches et en coinneaux. Là aussi le nom donné aux machines était imagé: la "multiple", la "boîteuse", la "manchote".

Il y avait aussi l'odeur extraordinaire du sapin, du bois fraîchement coupé, de la sciure encore humide.

A l'époque l'activité de la scierie était liée à un domaine agricole, qui permettait entre autre d'élever des chevaux pour le débardage et le transport des bois. En plus, cette scierie avait un embranchement de la ligne de chemin de fer Pont-Brassus, qui permettait de charger à l'intérieur le bois travaillé.

Les premiers propriétaires Rappaz et Chalud ont cessé leur activité en 1931. L'entreprise a été reprise par Henry Berney, fils de scieur, venant de l'Abbaye.

Durant les belles années ce n'est pas moins de 20 à 25 personnes qui travaillaient dans cette entreprise. Plus de 5'000 m3 de bois étaient sciés chaque année.

Au fil des années la scierie s'est développée, agrandie, modernisée. L'empilage des planches pour le séchage à l'air libre, jusque-là fait à la main, a été mécanisé en 1960 par l'introduction d'un élévateur à fourche. Les grandes surfaces plates autour de la scierie ont permis cette révolution.

Le cyclone du 26 août 1971 ainsi que la première crise pétrolière de 1974 ont déstabilisé l'entreprise; la scierie a cessé son activité en 1977. Une reconversion heureuse a permis au propriétaire de se lancer dans la fabrication de maisons préfabriquées durant 15 ans. Les grands espaces des bâtiments permettaient de construire des pans entiers de maisons à l'intérieur. Au début des années 90, la crise du bâtiment a malheureusement donné l'estocade à cette reconversion.

En 1993 tous les bâtiments ont été rachetés par la manufacture d'horlogerie AUDEMARS PIGUET SA qui en a fait un dépôt de matériel.

Et c'est ainsi que nous pouvons, l'espace de deux semaines, vous présenter l'Illustre Théâtre de Monsieur Molière dans cette illustre scierie. Nous profitons de cette occasion pour remercier les dirigeants de l'entreprise Audemars Piguet qui mettent gracieusement ce bâtiment à notre disposition.

Pour terminer, rappelons que les scieurs craignent par dessus tout le feu. La sciure sèche depuis des années peut exploser avec une simple étincelle. Une cigarette mal éteinte peut "bouronner" des jours durant et tout à coup déclencher un incendie. Le bâtiment dans lequel nous faisons notre théâtre n'a pas échappé au feu, et ceci à trois reprises. A chaque fois le sinistre a pu être maîtrisé à temps. Les spectateurs peuvent encore voir, juste au-dessus de leur tête, une dizaine de poutres noircies et mutilées par le dernier incendie.

 
 
     
     
 
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DVD La Cuisine

Les lumières du Théâtre d’Été Vallée de Joux 2011 se sont éteintes. Le chapiteau aux mille miroirs s’en est allé pour être remonté quelque part en Allemagne. Le lieu-dit « Sur-la-Rose » est à nouveau une zone industrielle et les comédiens ont repris leurs occupations professionnelles et familiales.

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