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L'étonnante aventure collective de la Compagnie du Clédar (Théâtre d'été Vallée de Joux) m'a inspiré quelques réflexions. 
• Un spectacle original (ou une pensée singulière) n'est que le produit de tous les moi de l'humanité. • Dans Tristan e Iseult les deux amants, évoquant leur nuit d'amour, chantent ensemble: "Je suis moi-même le monde". Mais pas: "nous sommes". • L'oeuvre dramatique a suscité des définitions qui vont de "suma du positivisme logique", à "manifeste mystique". • Le théâtre est tout ce qui advient, et pas seulement sur scène. L'action ne peut être une démonstration, mais l'image reflétée du monde. • Les structures du dialogue, de l'action théâtrale et de l'univers ont la même forme. • Cependant, celui qui les analyse ou les étudie (interprète, metteur en scène ou dramaturge) sort du langage, du théâtre et de l'univers. L'observateur et la chose observée, le spectateur et la pièce représentée, l'objet et le thème forment une seule entité. • Il n'existe ni saynète ni tragédie qui puisse être considérée comme un phénomène solitaire. • Le théâtre est commun à tous les individus de la terre. Acteur, directeur, auteur ou spectateur ont accès à la totalité de l'univers. • La croyance en l'ego théâtral mène au malheur de tous. • "Mes autels sont les montagnes, la terre, l'air, les étoiles, l'océan, tout ce qui provient du grand Tout" disait Byron. • Au lieu de dire "je joue", "j'écris", il faudrait dire "on joue", "on écrit", comme dans la phrase "entre la chimère et le firmament le nuage disparaît au-delà de l'oubli". • Mes pièces me font: ce n'est pas moi qui les ai créées, comme dans l'abricot le noyau engendre le fruit.
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