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Accueil Le Printemps (2001) La cuisine au XVIème siècle
     
   
     
   
 
La cuisine au XVIème siècle Imprimer
Écrit par Stéphan Misteli   
Lundi, 01 Janvier 2001 01:00
Comme vous le découvrirez dans "Le Printemps", le XVIème siècle, au tournant de la fin du moyen-âge et de la renaissance, est une période de changement et de renouveau. Il en est de même dans le domaine de la cuisine.

Entre la fin du XVème et le début du XVIème siècle, plus une nourriture provenait de haut (par rapport au sol), plus sa consommation était considérée comme noble. Dans le domaine animal, les volatiles étaient placés au sommet de la hiérarchie alimentaire ; dans l'univers végétal, les fruits poussant en l'air étaient vus comme supérieurs aux légumes, et plus encore supérieurs aux légumes enterrés. Les bulbes et les racines ayant leur partie comestible enfoncée dans la terre étaient tout en bas de la hiérarchie des aliments, tout juste bons pour les petites gens. On imaginait que "l'humeur nutritive" de la plante était insipide dans la racine, et que plus elle s'élevait, plus elle acquérait une saveur convenable. Les gens de haut rang ne mangeaient que les fruits savoureux cueillis au sommet des arbres car, ramassés par terre, ils devenaient insipides à cause de la "prédominance aqueuse".

Les scientifiques de l'époque croyaient que "manger selon sa qualité" était une nécessité physiologique et que des douleurs et des maladies attendaient ceux qui se seraient nourris d'aliments inadaptés à leur rang . Les pauvres mettaient en danger leur santé en mangeant des aliments trop recherchés et raffinés que leur estomac grossier ne pourrait que difficilement digérer. Ambroise Paré dit: "Les rustiques et gens de travail pourront manger quelques gousses d'aulx ou d'échalote avec du pain et du beurre et bon vin s'ils en peuvent fournir, afin de charmer les brouées puis s'en iront en leur oeuvre à laquelle Dieu les aura appelés". Savonarole fait publier un traité de diététique où il prend garde de distinguer entre les régimes, les recettes, les aliments bons pour les "courtisans" et ceux pour les "vilains". Le médecin français Jacques Dubois, dans ses brochures consacrées à l'alimentation "adéquate" des pauvres, écrivait : "Les pauvres ont leur régime particulier, sans aucun doute lourd et indigeste, mais parfaitement adapté à leur constitution ; à eux les oignons, l'ail, les poireaux, les racines, les légumineuses, la bière, la viande de bœuf, les soupes épaisses d'abats et de légumes...
 
 
     
     
 
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