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L’homme s’appelle René Caillié . Avant d’être le personnage central de notre fiction, il vécut une vie hors du commun entre 1799 et 1838. D’un milieu modeste, autodidacte, devenu aventurier explorateur, il a été le premier en tant que non musulman à entrer – et surtout à ressortir vivant – de la ville alors mystérieuse de Tombouctou. Une fois de retour en France, la Société de géographie lui remit non seulement un prix de dix mille francs de l’époque, pour son exploit, mais lui permit également de publier ses carnets de voyages, 1'500 pages d’observations d’une écriture dense et méthodique.
C’est en 1981 que le dramaturge français Bernard Chartreux a écrit le livret d’un opéra intitulé « Temboctou », tiré de la vie de René Caillié. Il répondait en cela à une commande de l’Atelier lyrique du Rhin, ayant pour thème nomadisme et sédentarisme. Après la création du spectacle à Strasbourg dans un contexte lyrique, Chartreux comprend que son livret pouvait aussi exister de façon autonome, sans lien avec la musique. Il publie alors le texte sous un nouveau titre « Rester partir. Une passion sous les tropiques ». Après la mise en scène, en compagnie de Sophie Gardaz, de « Naissance d’Hamlet » d’Anne Cunéo en 2005, le Clédar me propose de conduire le spectacle 2007. Carte blanche, avec pour seule contrainte l’utilisation du théâtre d’inspiration élisabéthaine. Cherchant un texte qui pût se fondre dans cet espace de jeu très typé, je repense à l’univers de Chartreux. Chartreux a marqué une génération de gens de théâtre dans les années 80. Alors élève comédien, j’avais été mis au défi par Michel Voïta de réciter « la Table des Provinces françaises » (monologue de 50 minutes d’une liste d’objets…) dans « Violences à Vichy » de Chartreux, texte dans lequel il est question de la France du Maréchal Pétain en 1940. Plus tard, moi-même devenu prof d’interprétation, j’ai fait travailler un groupe d’élèves du Conservatoire de Lausanne dans les « Dernières nouvelles de la Peste » du même Chartreux. Parmi les élèves, un certain Jean-Luc Taillefert, qui s’orientera plus tard vers la scénographie. Et puis, la création française de « Rester Partir » s’est faite tout près d’ici ; elle est due à Hervé Loichemol, au Théâtre de Vidy à Lausanne en 1985. Je l’ai vue plus d’une fois, je l’ai encore en mémoire. Il ne restait plus qu’à constituer la caravane… Bernard Chartreux , premier des chameliers, s’est montré plus que disponible et attentif à notre projet. Il l’a accepté, rediscuté mes propositions, et revu le montage ; il a aussi récrit quelques scènes de la présente version Clédar. Ses encouragements ont été des plus motivants.
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