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Au début du XIXe siècle, l’Allemagne telle que nous l’entendons aujourd’hui n’existait pas encore ; elle était formée par une pléthore de petits Etats cherchant à s’unir.
Lors des révolutions de 1848 en Europe, une assemblée élue au suffrage universel avait proposé la couronne d’une Allemagne unifiée à Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse (la Prusse était le plus grand et le plus fort des Etats allemands), qui l’avait refusée : il ne voulait pas tenir son pouvoir du peuple souverain... La situation reste floue jusqu’en 1862, lorsque Otto von Bismark, fervent partisan de l’unité allemande, devient le ministre-président du roi de Prusse Guillaume Ier. Il décide que pour cimenter l’unité du pays autour de la Prusse, il n’y a que la guerre. Il fait passer par la force des réformes modernisant l’armée. Dès 1866, l’armée prussienne écrase l’armée autrichienne.
Le général Charles-Denis Bourbaki (1816-1897) Pour Bismark, la victoire contre l’encore puissant empire autrichien (qui aurait dû alerter la France) ne suffit pas. Ce qu’il veut, c’est fédérer les États allemands autour d’un ennemi commun. Pour cela, la France est idéale. L’hostilité entre France et Prusse, ouverte ou implicite, date de la Révolution française. Napoléon III, qui gouverne depuis près de vingt ans, est impopulaire. L’armée française est encore organisée à l’ancienne et n’est pas au sommet de sa forme. Bismark considère pouvoir obtenir une victoire facile et réussit à faire en sorte que ce soit la France qui déclare la guerre à l’Allemagne, ce qu’elle fait le 19 juillet 1870. Très rapidement, l’armée allemande prend le dessus, et les Français finissent par capituler. Pour bien marquer cette victoire, la proclamation de l’empire allemand le 18 janvier 1871 se fait à la Galerie des glaces du palais de Versailles. L’unité de l’Allemagne s’est ainsi faite par la force, et « par le haut ». Détail du Panorama Bourbaki à Lucerne Mais l’Armée de l’Est – celle du général Bourbaki – reste loyale à Napoléon III et ne reconnaît pas la capitulation. En janvier, Bourbaki tente encore de porter secours à Belfort assiégée, mais cette opération finit par la retraite des Français. Les officiers ayant participé à ces événements font état du peu de combativité et de l’excès de prudence de Bourbaki, qui surestime l’adversaire et sous-estime ses ressources, abandonnant finalement le combat sans avoir lancé toutes ses forces dans la bataille. Qui plus est cette Armée de l’Est n’est plus ravitaillée. Elle est piégée le long du Jura sans nourriture, sans armes, sans fourrage pour les chevaux, par des froids records ; plutôt que de se rendre aux Allemands, les officiers décident de se replier en Suisse. Et c’est ainsi que, tout au long de la chaîne du Jura, de Gilmel à Bâle, on a vu déferler près de cent mille soldats à moitié morts de faim et de froid, que la Suisse a hébergés et soignés jusqu’à ce qu’il puissent rentrer chez eux (les derniers partiront en mai). Voilà comment douze à quinze mille de ces malheureux se sont retrouvés à la Vallée de Joux. Pour en savoir plus : François Roth « La guerre de 1870 » (Collection « Pluriel »)
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